La maison du qald, toute blanche sous son suaire de chaux, surplombe l'amas des maisons grises brches et croulantes. Plus haut, la zaouia encadre une qoubha carre, surmonte d'un toit de tuiles vertes, et une tour blanche, qui donnent ce saint lieu l'apparence d'un monastre fodal ayant clocher et donjon.
Les visites se sont succd tout le jour dans notre camp. Ce fut d'abord un personnage quelconque, sans mandat officiel, qui vint, comme par hasard, s'asseoir sous la tente de nos serviteurs,. Il s'enquit, avec force circonlocutions, de notre provenance et du but de notre voyage. Puis, en l'absence du qaid que ses affaires retiennent Merrakech, deux notables vinrent obsquieusement s'informer des raisons pour lesquelles nous les avions pnvs de l'honneur de nous recevoir Aprs bien des discours courtois et dilatoires ils osrent poser la question qui leur hrlait les lvres : " O allez-vous?
Question grave, car du bon vouloir de ces fonctionnaires peut dpendre l'avenir de notre voyage. Sortir du Bled el-Maghzen est une. Notre rponse, ds longtemps prpare, fut que nous allions Demnat d'abord, puis, de l, Fez par la province fidle de Chaouia.
Il raconte qu'il a reu de son pre la mission de nouer des relations avec les principaux personnages politiques et religieux du Maroc, et de visiter les sanctuaires rputs. Cette fable, que l'apparence de notre chrif justifie et accrdite, semble naturelle; elle explique bien l'organisation de notre caravane, et satisfait la curiosit de nos visiteurs ; mais notre projet d'aller Demnat soulve leurs objections: La route n'est pas sre Il vous faudra des gardes cette nuit.
Un seul soldat nous servait d'escorte, encore nous a-t-il quitts au tiers de la route. Le meilleur indiee que la scurit des routes n'est pas trouble est la rencontre que nous faisons d'une caravane de juifs, sordides, afl"reux sous leurs chchias noires et luisantes de crasse d'o mergent les longues mches frises, les nouader, qui les caractrisent.
Nous touchons la fin de la plaine de Merrakech. Le Djehilet s'loigne dans le Nord-Est et s'abaisse; l'Atlas se rapproche et grandit. La hour-. Xous sommes au temps des labours, et dans un seul champ nous comptons jusqu ' vingt charrues atteles de bufs, de chevaux, de mules et d'nes.
Cette plaine de Badda est d'ailleurs renomme pour sa fertilit. Elle est couverte de fermes, d'azibs, fconde par 6 seguias drives de la Taaout, et partage entre les trois qardats de Glaoui, Zemran et Srarna.
Son lit, encaiss entre des bcrges d'une quarantaine de mtres rle hauteur, est encombr de pierres roules et d'normes blocs qni attestent la violence des crues hivernales. Cette valle de la Taaout constitue une singularit orographique curieuse. La rivire traverse, sans s'y dverser, la partie suprieure du bassin de l'ouPd Tensijt, et nglige la plaine de Merrakech pour porter le tribu de ses eaux l'Oum er-Rehea.
Les habitants ont corrig de leur mieux cette omissil n en pratiquant des saignes qui vont irriguer la plaine de Badda. Peut-tre serait-il un jour possible d'amener toute la Taaout au Tensi t, et de rendre l'immense plaine de Merrakech la fertilit et la splendeur qo'elle eut dans un ge gologique antrieur. Un village bti de terre rouge ct de chaume entoure pittoresquement la zaouia. Taglaoua est une htellcrie ngre ouverte tous les habitants du Dra qui vont au Maroc ou en reviennent.
Tout y a un air de joyeuse prosprit. Du seuil de la zaouia on aperoit les belles olivettes de Tidili et les i. Les deux gros propritaires de cette riche rgion sont le. La ligne des collines se recourbe vers le Nord-Nord-Est, formant un cirque sans issue qu'emplissent les oliviers de Srarna.
Existe:-t-il une route qui suive la bissectrice de cet angle'? Nos renseignements le nient mais tout me porte le croire. La direction de la valle de. De Tidili nous gagnons Dra. Les olivettes ombreuses boisent les. Les maisons sont cubiques et massives. Tout autre sont les qabas seigneuriales imprieuses et hautaines aux remparts flanqus de tours d'angles effiles et crneles.
Sur les hauteurs, au Nord, on v6it la maison du qald bel-Moudden laquelle les Srarna , sont en train de donner l'assaut. Un- peu plus loin nous rencontrons une troupe de Derqaoua coifts du turban vert, et portant au cou l'norme chapelet aux grains d 1olivier; ils vont, srieux et sordides, chantant sur leur mode grave : laila illa Allah Il n'est de Dieu que Dieu!
De ravin en ravin, toujours montant, nous atteignons les jardins de DeYmat; jardins merveilleux o l'on chemine dans des sentiers couverts, travers les oliviers, les caroubiers entrelacs, sous un enchevtrement de ronces, de lianes, de vignes, o ruissellent mille ruisseaux tapageurs et presss qui courent l'oued Amhacir, au fond du ravin encaiss.
Elle est accidente. On nous avertit qu'il existe 4 tablissements de bains: 1 it la Qaha, 1 lfcttan, 2 Rhib Le qaid, auquel nous avons annonc notre arrive, uous fait souhaiter la bienvenue. Il nous envoie la mouna et une garde, en nous recommandant de nous mtier au moins autant de nos gardiens que des voleurs De sa splendeur passe, de son importance stratgique et commerciale il ne reste que le souvenir, encore s'efface-t-il au point IJUC nul parmi nos informateurs n'a pu nous dire IJUancl et par qui la ville fut fonde Au temps de Mouley el-Hasscn elle tait encore riche ct puis sante.
Telle la vit de Foucauld en i. Les tribus se rurent l'assaut de la fortcressP du 11ard cl-Hadj. Jilali ed-Demnati. Le malheureux tait en prire; un coup de baron nette le cloua contre terre dans sa pieuse prosternation. Ensuite on dtruisit sa maison. Les Srahw pillrent les souqs, massa- J crrent les juifs, torturrent les riches pour leur arracher le secret de leurs cachettes ct de leurs silos. On jeta bas des mai- J 1 sons, des pans du rempart, et jusqu' des mosques.
Puis l'ordre' se rtablit, tout naturellement, par lassitude. On se reprit euh tiver les champs, irriguer les jardins.
Quand la prosprit fui revenue, un nouveau qad prit possession de la qaha ; il se garda discrtement de toute allusion au pass ; on laissa dormir en paix les coupables et les morts.
Seuls les juifs tirrent une morale pratique de cette lec;on. Ils construisirent un mellah solide, ceint d'tm rempart spcial o ne s'ouvre qu'une seule porte.
Quant au qad, rendu dfiant par la msaventure de son devancier, il entretient en permanemp un poste de cinquante quatre-vingts soldats l'entre de son bordj, ct, lorsqu'il prie, cinq hommes veillent sur sa pri1e, fusil au poing Lui-mme nous en avait pri, s'excusant de n'avoir pu se rendre sous nos tentes la veille, son fils ain tant dcd le matin mme.
L'accueil fut cordial. Son histoire tmoigne de son esprit d'initiative. Il se trouvait Demnat le jour o son prdcesseur fut assassin. Aussitt il runit les gens de sa fraction pars dans la ville, fit fermer les portes et occupa la qaba du maghzen.
Le sultan ratifia son intronisation, reut son houm1age, et fit Lon accueil ses prsents qui pourtant parurent assez maigres. Eu homme a';is le qad n'a rien modifi l'apparence de sa forteresse. De l'extrieur elle semble une ruine; l'intrieur, au contraire, en est spacieux, solide et richement amnag.
Les appartements ouvrent sur un beau jardin qui forme cour intrieure. Il nous donne ensuite un guide qui nous accompagnera jusqu' l'extrme limite de son gouvernement, ct nous recommande de camper toujours prs des habitations car, dans la montagne, en cette saison, la neige pourrait nous surprendre et nous bloquer. Notre itinraire coupe les premires pentes du Moyen-Atlas perpendiculairement leur direction gnrale.
Les ravins y sont creux, les artes en sont vives. De grosses roches mergent des : argiles rouges ou blancs. Les champs escaladent les pentes. Les maisons fortifies, les tirremt, nombreuses d'abord, vont s'espaant de plus en plus, et, bientt, le sentier que nous suivons, mi-pente des ravins rocheux, se perd dans les collines boises de arrars, de chnes, de lentisques et de taquiout. Notre tape s'achve la Zaouia Ail Mhamed. Il nous faut' franchir pour l'atteindre l'oued Taaout Fouqania qui, en ce point, au sortir des montagnes, est dj une belle rivire torrentueuse, de 30 mtres de large, sur 1 mtre de profondeur.
Mhamed, l'anctre ponyme, n'enJ fut pas le fondateur. Elle est grande ct peuple. La famille du santon compte dix feux ; ses serviteurs et clients en comptent une vingtaine. Vue de la rive gauche, elle prsente un entassement assez dcora 1 Voit : Renseignements. De pr8 ce n'est qu'un amas informe de maisons en pis rouge. Nous sommes en pays Cltleuh. Les lcttris seuls comprennent l'Arabe. Notre chrif lisait tout l'heure l'un des feqihs de la medersa un pome en l'honneur du Cheikh MaAnin.
Le feqih dodelinait de la tte et scandait du pied d'un air entendu Les Ait Kroul qui peuplent la rive droite, en amont de la Zaouia, tiennent demain une assemble, dans un village voisin, et nous voyons passer quantit de cavaliers berbres, tous pareils, tte nue, le long burnous de laine crue tombant jusqu' la cheville, monts sur des chevaux de haute taille bien rbls.
Ils ont grand air, et vont vite, portant en travers de l'aron leurs longs fusils pierre ou piston frts de bagues d'argent cisel. Un serviteur les accompagne et court pied en tenant l'trier du maitre. Quand le ciel leur envoie un hte d'lection ils le traitent, sinon avec magnificence, du moins avec une abondance excessive. Ce fut hier soir un dfil ininterrompu de keskous effroyablement rustiques, de bouillie de bl arrose de beurre rance ct de miel.
Tous les gens de la Zaouia vinrent, selon l'usage, partager avec nous les plats qu'ils apportaient. Cet enseigentent donn en arabe est accompagn de commentaires en langue tamazirt. Les usages n'ont gure chang depuis son temps ; ilfaut J avotr un bel apptit et un estomac robuste pour pouvoir prendte part l'abominable tri tu rage qui constitue un repas de fte La monte est raide, le sentier troit : tm dP nos mulets s'abat et roule dans le ravin.
Il faut le dbter, remonter la hte et sa charge, puis recharger. CPs oprations se sont faites sans autre accident qu'un poignet foul ct quelques contusions, mais ellPs m'inl;ipire:dt quelque apprhension au sujet des aptitudes montagnardes de notre caravane.
Notre ravin nous amne enfin au bord d'un plateau d'o l'on dcouvre le Haut-Atlas. Ce plateau,! Il est d'ahord assez aride et dsert, puis il sc couvre de , moissons hlondes ct de heaux vergers d'un vert profond, dont les tons alternent harmonieusement avee le rouge violent du sol. Nous faisons halte auprs de la Zaouia Bou Antar sur le territoire de Guettioua 1. Ce titre de Zaouia est hien platonique car la maison n'a gure d'importance et le maghzen a si peu de considration pour elle qu'il la dtruisit deux fois en dix annes et qu'il lui fait payer l'impt.
A chaque instant rPviennent dans leurs discours les mots : Tout est Dieu et it nos ChPurfa deseendants cle son Prophte. Bou Antar sc singularise par trois coutumes traditionnelles, dont l'omission entranerait les pires catastrophes : L'usage. Gn taleh dirige une pPtitc cole coranique de huit lt'wes. Dpart midi aprs de trop copieuses ;. Nous rencontrons mit'tape le courrier qui est all prvenir les At Taguella que nous camperons ce soir 'hez eux Tamchegdan.
Les nouvelles qu'il rapporte sont peu rassurautes : les At Messat se battent: Entij'a 1 s'est insurg eontre son qad Ould si Abd Allah ez-Zenagui 2 qui s'est sauv et en a lu un autre, nomm Aberrh, que ,le maghzen a pu faire arrter. Cette intervention du maghzen dans les affaires intrieures des tribus du Bled es-Siba nous fait toueher du doigt la souplesse et le machiavlisme du gouvernement chrifien, dont l'action s'tend hien au-del des limites oit ses fonctionnaires peuvent atteindre.
Cette action n'est le plus souvent qu'une action dsorganisatrice, elle se borne entretenir ou fomenter. La plaine d'Entif'a, o nous cheminons en nous rapprochant de! L' u t'l' 1 Isat' wn d e. Les sommets des! Un autre laheur, plus rude eelui-l, qui exige dt' la force, ct demeure l'apanage de l'homme, est l'Magagc dPs jujubiers dont les branches formeront les haies des maisons et des douars.
L'abattage se fait l'aide d'une sorte dl:' faucille euuuauch c au hout d'un long hton, ct d'une 'hachette fe1 troit. Un , transporte ces broussailles sur de grosses fourches, on les entasse sur des animaux, et quelquefois sur le dos des hommPs.
Rien n'est plus singulier que la vue de ces immenses buissons marchants dans lesquels le p01tem, ne ou homme, disparait compltement. Le jujubier, s'il est prcieux pour le sdentaire, est une plaie pour les voyageurs.
Ses branches dchirent, arrachent tout ce 4 qui les frle, tapis, chouaris, vtements; ses pines demeurent 1 indfiniment incrustes dans les toffes et dans les chairs La valle de Tamcltegdn, o nous plantons nohe camp, abrite plusieurs tirremts en terre battue l'ouge.
L'accueil qui nous est fait est nu premier abord assez peu cordial. Les hommes sont presque tous absents. Ces Chleuhs sont semblables de type. CommP eux ils ont la ttp r. Il faut les entendre apprcier l'administration du maghzen et la conduite du Sultnn. Les eaux se sont fray des routes profondes dans ces calcaires rouges ou gris. Les chnes hellout, les arrars, les lentisques y sont grles et trs espacs. L'abondance des sangliers, des panthres et surtout des brigands vaut cette fort un fcheux renom.
Les Ait Me:;sat tiennent aujourd'hui un grand conciliabule auprs des tirremts des A t lkldeft dont la Zaouia est le but de notre tape. Les cavaliers et les pitons sont vtus du kheidous sombre, sorte dP burnous tiss de laine brune ou noire, qui, l'l'lev' e sur 1a longue chemisf' de coton blanc,! Pur donne un a1r martial et tragique. L'un des traits saillants du caractre hcrbrf' est la crdulit. Ln vieillard harbf' df' nf'gf', l'il vif est wnu demander au ch. Si accoutums que nous soyious ces ptocds, nous suivons sagemeut leur conseil qui pourtant nous cal'te de nohc dirPetiou , i gnrale, et nous entrailw vets le.
Les chefs de la Zaouia J'Ai't lkhll'jnous aeeompagnent, ils nous font traverser la fort de el1nes d' I ekluien o les arhres sont plus denses Pt plus beaux llUC 1lans la fort J A raottlt.
Les brigands n'y sont ni moins nombreux ni moins hardis. On rencontre dans cette rgion plusieurs soltes de maisons. Autour de ees chteaux les villages groupent leurs maisons basses, surmontes d'un hangar soutenu par des piliers de hois, semblables aux maisons kabyles. Enfin, dans les bois, ou 1lans les rgions dsertes, on rencontre des maisons isoles ou groupt:es par deux ou trois, d'une forme particulire.
L'une des faces, celle o s'ou ne le portail, est constitue par un mur en pierres sches de deux mtres de hauteur envi' rou.
Tout le reste de la maison est enterr. Le toit, fait 1te branchages recouverts d'argile, se confond avec le sol. La cour intrieure, sur laquelle ouvrent les pices IJUi servent ll'hahitation, -est en contrP-has, ct ciel-ouvert. Ces demeures mis'. Les monts Le Bou Gemme:. L' ensemhle du massif f'St dsign par l'appellation rl'Adrar n' DerelL! Il ne pleut jamais ces altitudes leves, mais quand la neige tombe, les valles et les cols deviennent impraticables. Ils sont obstru s pendant un mois ou deux.
Ces bo11 rik,en berhres rappellent les bou mente! Les deux forteresses sont en guerre. Le fils du qad St" e att pris de la fille de son ennemi. On profita de sa passion pour l' a tt"Irer dans un guet-apcns et le tuer. Les gens du qad l e vengrent en t'gorgeant son amante. Depuis ce jour de part et d'aut. Les At Alla et les At hou Zid sc hattent pour une question d'eau. Et toute la soire les coups de feu crpitent, tantt tranants, tantt en rafl'ale, pour ne cesser qu'avec le jour.
On nous apprend que cette querelle dure depuis une semaine, que les At bou Zid ont eu cinq hommes tus f'. Il n'y a pas de raison pour 1fUe la hataille cesse, ct, naturellement, les routes sont coupl-es.
Le ciel se. La guerre et la: neige Les habitants ignorent les routes, ou, s'ils les connaissent, refusent de s'y aventurer; le pays est puis et difficile; on se Lat par, out. La moindre querelle se propage comme une trane de poudre.
Ds qu'un coup de fen veille les chos sonores de la montagne chacun saisit son fusil, 1 jette sa cartouchire ou sa poudrire en sautoir, et court la l rescousse ou l'assaut.
Nous, qui voulons passer du territoiie des At hou Zid sur celui des Ai"t Atta, nous ne pouvons trouver, aucun prix, un, zettat qui consente nous faire franchir la jruntire de poudre.
Rude tape, encore que trs courte. On descend d'abord, par des ravins difficiles, dans la valle de l'oued el-Abid. Ce ne sontl autour de nous qu pentes escarpes, que falaises abruptes, que gorges au fond desquelles se tordent de capricieux ruisseaux l'oued Assemdil, plus loin l'oued Ahanal, encaiss, rapide et, clair, large de ao mtres, qui se jette devant nous dans l'oued el-Abid, plus large et coulant plus sagement sur son lit de vase. La cuvette, au fond de laquelle les deux rivires cou-.
Xous en escaladons le hord Ouest pour aller demander l'hospttalit aux ,li"t Ali o11 Moltf'lnd, fraction des Ai't bou Zid. Tout le pays Pst en moi; les hommes ont pris part au combat d'hier soir et, dans la tirrl'mt prs de laquelle nous canlpons, un jl'une homme, presqu'un enfant, a reu un eoup de komnmia qui a perfor le poumon ; il est mort dans la nuit. Tout d'abord personne ne voulait nous hberger, mais le qad, un. Le sultan Moule y e -Hassen fit excuter cette danse bizarre devant sa tente : elle llOrte le nom de obbat ou Rihiya chaussures d'hommes et chau ssures de femmes!
Personrre n'Mait ,enu nous visiter, il avait fallu faire notre hte l'afl'tont d'acheter de l'orge pour parfaite la ration de nos animaux. Quant nous on nous avait apport seulement un peu de beurre rance fondu et yueltJUCS pains.
Cc matin ils nous dclarrent t. Sans faire d'inutiles. Interpellations, clameurs, discussion. Les hommes : ac 'ourcnt, on nous arrte: - '' Etes-vous fous'? Pensez-vous que les At Alla vont vous laisser pntrer ainsi sur leur territoire '?
Cette : salve est un signal d'appel. J nous blancs ou noirs, fusil en main, cal'touchire cu sautoir. On sc emet en route, pru demment, militairement. Devant nous s'tale la large Yalle de l'oued ei-Ahi que. C'est le premier bourg des Ail Atta ; une garnison l'occupe et suneille la valle pal' dell patrouilles et des sentinelles, comme ferait une grand-garde. Quatre AU bou Zid sans armes s'avancent, trs ostensiblelll.
Enfin l'accord se fait, les ngociateurs dvalent en courant de leur rocher; notre chrif rcite une dernire Fatiha pour appeler la bndiction divine sur nos htes, et nous nous remettons en route, sous l'escorte de deux hommes seulement, Vers la tirremt ennemie. Le chrif se dirige l'soluntent vers eux ; quand il est tout prs ils surgissent d'un Beul 1a mam,. On convient que l un deux nous servira de zettat, moyennant une somme de trois ouros paye en arrivant au but.
Pilles et de meurtres, les femmes Ait Atta suffisent tisser 1 esU kh. Nous le descendons pic, tmvers les chan1p8 rouges et fertiles sur qui ondule dj le gazon verdoyant des moissons nouvelles.
Le sol de cette valle est profondment rod par les eaux. Les dalles calcaires rompues jonchent les pentes escarpes par o le plateau se raccorde la rivire. Quelle n'est pas notre surprise, en atteignant le sommet, de voir que cette crte est aigu et tranchante conune l'arte d'un toit et que le ravin nouveau que nous dominons cache un village o toute une arme se trouve rassemble Il faut connaitre 'aspect farouche et nigmatique de ces Chleuhs, leur abord glacial, voir le dcor tragique que forJill!
Notre zettat nous devance de quelques pas. Il va s'accroupI au milieu du groupe principal et, pendant que nous faisonf halte, que nous commenons lentement dnouer les cordeJ qui btent nos mules, il explique. Un des At Iah se lve alors, et vient baisel le genou de notre chrif. Ce geste rompt le charme ; l'arJilf entire tient honorer le descendant du Prophte, les femJile1 mmes et les enfants accourent nous, et, pendant un quatf t Voir : Renseignements. Puis les A t lall fornunt un vaste cctdp au milieu duquel Il faut planter nos tentes, taler nos bagages.
Je n'ai pas besoin de dire que, sous cette curiosit dfiante ct attentive, notre campement fut rapide et notre installation succintc. La scne est trange ; le coup d'il est magnifique. On a tendu un hak terre, les nobbles l'entourent, et chacun des guerriers vient, tour de role, y jeter son obole en criant : Slah en-Nebi! Salut au prophte!
Le produit de chette collecte constitue la ziara, l'offratulc des A t Jah notre c.. Le type n'est pas beau; les At lah ont la tte ronde, le tetnt fonc, h1 face large, les lvres paisses ct presque complClfient rases, la barbe rare.
Le fusil P terre de f a b rtca. Je llle SUis efforc de prendre quelques photographies des If Vo. La photog-raphie pratique dans res conditions devient une prestidigitation hasardeuse. La collecte acheve, on en a vers le produit dans l'escareclle de Mouley cl-Hasscn, qui a l'cit une solennelle Fatiha,.
Ils accompagnent d'un murmure confus l'intercession dU chrif, et acclament les vux qu'il formule d'un Amin! Aprs quoi les At lalt se sont groups par village autour de leurs cheikhs, ont escalad la crte d'o nous sommes descendus hier, et s'en sont alls la bataille.
Leurs cris aigus rpon-. Des coups de feu clatent dans tous les sens, ct, conuue nous nous merveillons de ce tapage rvlateur, on nous explique qu'il faut bien essayer S3 poudre et dgorger la lumire de son fusil Une demi heure plus tard nous nous mettions en route longeant les contreforts du Djebel Abbadin. Ce cheminement parallle l'axe de la montague nous oblige franchir tous les ravinS qui eu descendent.
La route est donc pnible, elle se droulaau milieu d'une fort de chnes bellouts et de chnes zens oil nous ne rencontrons aucun tre vivant. De temps autres uolfi deux zettats s'arrtent, l'oreille coutre terre, pour couter si, l'on se bat, ou bien ils escaladent une roche de la falaise et scrutent attentivement l'immense panorama que nous dominons; On n'y voit que les fumes des signaux qui montent droites danS' la lumineuse et sereine splendeur de ce beau jour d'hiver.
L'oued el-Abid, dont nous remontons la valle en l'accompagnant de loin, coule au fond d'une vritable gorge ; un sentier muletier en suit le fond. A la hauteur du Djebel Taguendart on nous signale une ancienne mine de fer, jadis exploite, ainsi que l'attestent quelques scories. L'ordinaire lgende nous est aussitt conte : leS ,. On voit encore, dans une grotte voisine, les ustensiles et les fourneaux dont ils se servaient.
Vers 4 heures nous faisons halte Taharoucht, au centre d" une douzaine de tirremts tapis au fond d'un ravin. Ce sont des constructions massives, disgracieuses, dont les hautes murailles sans fentres portent un lourd toit plat perc seulement d'une ouverture par o l'on sort en rampant pour balayer la neige. Tous les hommes sont la bataille ; le peuple fminin est en emot ; nous devons cette double circonstance l'insigne aveur de pouv01r. Elles sont laides en gnral, et sales sans exception.
La coiffure surtout est sordide ; elle consiste en. Le costu me se compose d'une chemise de coton macule de taches,. QUand 1 1f. Nos serviteurs sc querellent, ceux que j'ai engags refusent ; d'obir Mouley abd Allah qui fait fonction de chef d'escorte;.
Les gens que mes cheurfa ont amens avec eux ont si. Tous ces petits dissentiments, qui n'excdent pas l'habituel tracas d'un voyage au Maroc, empruntent l'inscurit de cette. Nous' sommes la merci de nos hommes : une rplique insolente peut compromettre notre prestige, rvler notre identit ; une rpression svre peut provoquer une trahison.
Il faut une patience, : une douceur mritoires. Nous ne parvenons tre servis qu'en accomplissant nous mmes la moiti de la besogne. Une pluie fine qui crpitait lugubrement sur la toile de nos tentes.
Le ciel tait bas, les. Aussi sommes-nous partis tt pour l'atteindre. Le jour s'est lev; un jour triste mais peu menaant. Les nuages qui nous enveloppaient se sont parpills dans le vent du Sud, et le soleil a dissip menaces et soucis La route est conrtc mais rude.
Elle longe mi-pente la berge. C'est au fond d'un de ces ravins, au milieu des buissons bourrus de arrars et de lenstiques, au bord d'un torrent rageur et glac, que se trouve la Zaouia d'Ahanal, but de notre tape.
La rgion est si peu stre que nos zettats nous prient de prparer nos armes, et se dissimulent prudemment derrire nous. Ils sont une dizaine d'hommes, accroupis sur le Seuil d'une mdiocre maison en terre rougetre entoure de constructions plus pauvres, immobiles, nigmatiques, dfiants. Il pleut torrentiellement! Lui-mme ne s'.
Y aventurerait qu'en tremblant. D'ailleurs cette menace invisible mais constante on s accoutu. Jahrhundert v. Linclusione della Sardegna antica nella sfera di influenza fenicio-punica ha caratterizzato lisola nei suoi molteplici aspetti. Eppure, mentre il Contro Apione di Flavio Giuseppe ci informa dellesistenza di archivi presso i Fenici, tradizione continuata molto probabilmente anche a Cartagine, se vera la notizia sui cosiddetti Libri punici menzionati da Sallustio , nulla di simile testimoniato, allo stato attuale della ricerca, per la Sardegna.
Forse per la mancanza di una cultura storica, o forse per la perdita della letteratura fenicio-punica, soppiantata dallimperiosa affermazione e dal consolidamento della cultura greca in seguito alle conquiste di Alessandro Magno, noi non possediamo, per quanto concerne lantichit, una storia della Sardegna e non abbiamo indicazioni di un qualsiasi autore che ne abbia scritto.
Le notizie storiche sullisola sono sparse in vari autori, principalmente di epoca tardo-repubblicana e imperiale. Risulta, quindi, assente nellantichit unorganica trattazione delle vicende sarde.
Due fattori sembrano dare una spiegazione a questa lacuna: da una parte la mancanza di unidentit autonoma rispetto alla cultura fenicio-punica i Greci di Sicilia, pur restando Greci, ebbero una loro identit: divennero Sicelioti ; dallaltra limpenetrabilit dellinterno dellisola e la persistenza, in questa parte, di uno stadio protostorico anche in et avanzata.
La Sardegna dalle origini allet classica, Milano , pp. Una raccolta delle fonti antiche relative alla Sardegna stata approntata da M. A ci si pu aggiungere la tendenza della cultura greca a ellenizzare i vari fenomeni.
Perci, per illuminare i miti e le vicende dellisola siamo costretti ad attingere alla storiografia greca e soprattutto a quella siceliota. Agli scritti storici dei Greci di Sicilia bisogna infatti risalire quando si vogliano ottenere notizie sulla Sardegna antica.
E principalmente bisogna ricorrere a uno storico siceliota, quale Diodoro Siculo, quasi sempre bistrattato, ma vera miniera di notizie per lantichit. Ma soprattutto Timeo di Tauromenio, fonte dellagiriense e autore della prima storia universale dellOccidente, lo storico cui si devono le principali notizie relative alla Sardegna. Al tauromenita, fonte di molti autori successivi, risalgono, certamente, Diodoro Siculo e lo scritto pseudo-aristotelico De mirabilibus auscultationibus, mentre molti dubbi sono stati sollevati per autori quali Sallustio, Pausania e altri.
Non pu, dunque, destare meraviglia che la storia, sia mitica, sia vnementielle, della Sardegna antica sia stata vista in una prospettiva greca. Cos come avviene per le altre parti dellOccidente, anche questa isola rientra nel quadro di ellenizzazione, cara al nostro tauromenita, che non risparmi alcuna parte del mondo occidentale. Valga per tutti il tentativo di far apparire greche le isole Baleari attraverso una presunta colonizzazione beotica , con la relativa etimologia del nome derivante, se il passo diodoreo risale a Timeo, dal greco Bllv.
Del resto, Timeo non il primo n lunico storico greco che cerchi di adattare la realt occidentale al letto di Procuste della grecit. Sotto questo aspetto la narrazione dei presunti viaggi di Eracle non costituiva che un presupposto per presentare il mondo mediterraneo come un mare spettante ai Greci. Non pu destare, dunque, meraviglia che anche la Sardegna sia inserita in un quadro ellenizzante e diviene comprensibile che le parti mitiche relative allisola siano narrate da Diodoro proprio nellambito delle vicende eraclee: certamente in questo contesto ne aveva trattato Timeo.
Sulla tendenza allellenizzazione di siti e nomi barbari cfr. I, , Berlin-Leipzig , p. III, Citt di Castello , pp. I, Barcelona , p. Ma per una limitazione delluso di Timeo nella pseudoepigrafa opera aristotelica cfr. FGrHist F. Timaeus and His Predecessors, Atlanta , p. Sulle tracce di una periegesi anonima, Firenze , pp. Con tali premesse, appare del tutto naturale che questa storiografia cerchi di strappare, almeno nella narrazione delle origini, la Sardegna al mondo punico per rivendicarne loriginaria grecit.
Perci la storiografia ellenica e in particolare quella siceliota tent di recuperare sul piano mitico ci che si rivelava impossibile sul piano storico.
La digressione pi consistente relativa alla Sardegna si trova, infatti, nellopera dellagiriense proprio nelle parti mitiche. Da queste bisogna partire per capire latteggiamento anzitutto dei Sicelioti e, quindi, dei Greci nei confronti dellisola. In tal modo, le due maggiori isole del Mediterraneo trovavano il loro momento di convergenza non solo, in parte, politico attraverso il rapporto instaurato dalla Sardegna e da una parte della Sicilia col mondo fenicio-punico , ma soprattutto culturale.
Daltronde, che il punto di riferimento in Diodoro sia sempre la sua isola natale lo si deduce dallannotazione che la Sardegna ha allincirca la stessa grandezza della Sicilia. Una differenza si nota nel racconto di Diodoro: mentre la Sicilia, insieme allAfrica settentrionale e allIberia, fa parte del viaggio di Eracle, la Sardegna ne rimane fuori, anche se essa verr colonizzata dal nipote di Eracle, Iolao.
Narra, infatti, lagiriense che alla fine della sue fatiche, prima di ritornare fra gli dei, Eracle decise di mettere in atto quanto gli era stato ordinato da Apollo, cio di fondare una colonia in Sardegna.
Perci vi mand i figli avuti dalle Tespiadi sotto la guida di suo nipote Iolao. Dopo aver spiegato al lettore chi fossero i Tespiadi, Diodoro passa a descrivere la deduzione della colonia in Sardegna. Quando, infatti, i suoi figli divennero adulti, Eracle li mand per una poika in Sardegna, secondo quanto stabilito dalloracolo.
Ecista divenne Iolao, ma sotto la protezione del dio. Dalla descrizione particolareggiata dellinsediamento coloniale si evince che lo storico siceliota non stabiliva alcuna differenza tra la colonizzazione mitica e quella storica.
Iolao, quindi, avendo preso con s quarantuno Tespiadi, perch due erano rimasti a Tebe e sette erano andati a Tespie, in Beozia, e quanti altri volessero aggregarsi allimpresa, salp per la Sardegna.
Avendo vinto gli indigeni, divise in lotti la parte migliore dellisola, soprattutto la pianura, che da questo momento fino ai suoi tempi, cio fino al periodo fra Cesare e Augusto, fu chiamata Ioleo. Lopera colonizzatrice di Iolao fu straordinaria: dopo aver reso coltivabile il territorio, vi impiant alberi ricchi di frutta, rendendola cos desiderabile da divenire oggetto di contesa.
Anzi, per labbondanza dei suoi frutti, lisola divenne cos famosa che, successivamente, i Cartaginesi, avendo accresciuto la loro potenza, desiderarono acquisirla, nonostante le enormi difficolt incontrate. Anche questa annotazione deve risalire a Timeo, perch rientra nellatteggiamento di esaltazione della Sicilia tipico dello storico tauromenita e, per questo, oggetto di critica da parte di Polibio XII, b,.
Nel resto della tradizione antica la Sardegna ritenuta lisola pi grande del Mediterraneo. IV, , -. Ritorna qui lelemento antipunico, caro alla fonte del nostro autore. Il tema del cartaginese invidioso della prosperit dei territori ellenizzati un motivo ricorrente nella Biblioteca storica di Diodoro.
Poco prima, parlando di Hecatompylon, una citt libica, afferma che essa, fondata da Eracle, fior finch non fu occupata dai Cartaginesi. In tal modo la colpa dellallontanamento della Sardegna dalla prosperit portata dai Greci ricade sui Cartaginesi. Stabilita la colonia, Iolao mand a chiamare dalla Sicilia Dedalo, da cui fece costruire quelle grandi opere che esistevano ancora ai tempi di Diodoro e che venivano chiamate dedalee.
Viene cos ribadita la centralit della Sicilia e lattribuzione dei nuraghi, cos bisogna leggere il riferimento alle grandi opere, a Dedalo, che diviene, in tal modo, il simbolo di uno stretto rapporto culturale tra Sicilia e Sardegna, ma su basi elleniche. Segue la descrizione dellimpianto della colonia: Iolao fece costruire ginnasi, istitu tribunali, impose il suo nome agli abitanti, sicch quanti poi lo invocarono durante i sacrifici lo chiamarono Iolao padre. Il richiamo, nelluso di questo soprannome, alla divinit sarda denominata appunto Sardus pater appare inequivocabile.
Diodoro o, molto pi probabilmente, la sua fonte tenta, quindi, attraverso lellenizzazione di un culto locale a tutti noto, di giustificare la primordiale appartenenza della Sardegna al mondo greco. Costituita la colonia in tutti i suoi elementi, Iolao ritorn in patria, da cui ripart per andare in Sicilia, dove visse per molto tempo.
Secondo questa tradizione, dunque, il viaggio di Iolao in Sardegna sarebbe precedente a quello in Sicilia. Tuttavia, non da escludere che il nipote di Eracle ritornasse nella patria di Diodoro per la seconda volta, dal momento che poco prima lo storico aveva parlato del viaggio di Eracle in Sicilia, affermando che vi aveva partecipato pure il nipote Iolao , che proprio ad Agirio, la citt natale di Diodoro, era oggetto di un culto particolare.
Giunto nei pressi di questa citt, Eracle not che sulla strada pietrosa si imprimevano le orme dei suoi piedi e delle vacche prese a Gerione. Ritenne che. IV, ,. Comunque, sui rapporti tra larte dedalica e i nuraghi cfr. BOND, Osservazioni sulle fonti classiche, cit. Sulla identificazione di Iolao col Sardus pater cfr. Ordin, quindi, in suo onore di compiere ogni anno sacrifici e onori, che duravano fino al tempo di Diodoro. Infatti, gli abitanti del luogo erano soliti farsi crescere i capelli in onore di Iolao fino a quando non avessero ottenuto felici presagi.
I giovani, che non compivano i sacrifici prescritti, perdevano la voce e impallidivano come cadaveri. Ma, allorch gli stessi giovani avessero fatto voto di compiere il sacrificio e ne avessero dato pegno, quelli colpiti dalla malattia si sarebbero ristabiliti.
Inoltre, davanti alla porta detta Eraclea avevano disposto accoglienze e sacrifici e ogni anno celebravano un agone ginnico e ippico. Il racconto di Diodoro trova riscontro in emissioni monetali della sua citt natale.
Un legame molto importante univa, dunque, le due maggiori isole del Mediterraneo attraverso il culto di Iolao, venerato con particolare devozione nella sua Agirio e in Sardegna, tramite lidentificazione col Sardus pater. La tradizione diodorea, daltronde, trova una ulteriore conferma nella stretta connessione tra le due isole, cui fa riferimento la notizia di Tolomeo sui Sikoulhnsioi di Sardegna. Diodoro conclude la sua narrazione su Iolao in Sardegna riportando un fatto straordinario.
Loracolo divino vaticin che tutti coloro che avevano partecipato alla fondazione della colonia sarebbero stati liberi per tutte le generazioni e in tale libert si sarebbero conservati fino ai suoi tempi.
C quasi un rimpianto per la perduta libert di Agirio, divenuta tributaria dei Romani, l dove gli Iolei sardi erano riusciti a mantenere la loro libert. La Sardegna diventa in tal modo il simbolo del latente sentimento antiromano di Diodoro. Purtroppo, ai suoi tempi questa primigenia ellenizzazione dellisola era del tutto scomparsa e loriginaria impronta di Iolao era andata irrimediabilmente perduta, perch molti di quelli che avevano partecipato alla colonizzazione della Sardegna insieme al nipote di Eracle erano barbari e lisola, perci, si era barbarizzata.
Oltre che nei due passi relativi alla Sardegna , esso viene utilizzato solo nel caso di Alesa. Anche questa citt, infatti,. Diodoro Siculo e la storiografia greca. Atti del Convegno Intern. Catania-Agira - dicembre , Catania , pp. III, , ; cfr. Luso particolare del verbo nel caso della Sardegna non esclude una spiegazione etimologica della denominazione dellinterno dellisola, che proprio in quel periodo vede la consacrazione della regione col nome di Barbaria.
Due iscrizioni di et augustea, una da Preneste e laltra da Fordongianus, testimoniano lesistenza della denominazione , che dovrebbe risalire, quindi, allincirca al periodo dello storico. In tal modo Diodoro poneva una continuit tra lellenizzazione di Iolao e le popolazioni indigene della Sardegna. A testimonianza dellantica colonizzazione restava il nome di Iolei, sia come ricordo della presenza del nipote di Eracle, sia come simbolo di quella libert cara ai Greci, ma ormai perduta.
Questi barbari, che ancora si ricollegavano, secondo Diodoro, a Iolao, avevano, invece, conservato la libert. Come viene confermato, del resto, dalla toponomastica sarda e da altra documentazione, soprattutto, epigrafica , n i Cartaginesi, n i Romani erano mai riusciti a sottometterli. Laffermazione diodorea ritrova, quindi, sul piano storico una profonda corrispondenza con la realt dellisola. La libert fino ad allora goduta dai Sardi era dovuta, per, alla protezione del Sardus pater, Iolao, e alloracolo, poi inveratosi nel tempo, della divinit greca.
La Sardegna diventa, quindi, per il nostro storico simbolo di libert nei confronti delle due pi grandi citt che si erano contese il predominio nel Mediterraneo. Allo stesso tempo, lo storico siceliota porta a compimento il tentativo di ellenizzazione dei Sardi.
Diodoro sente gli abitanti della Sardegna come facenti parte di una stessa volont divina, che trova nella persona di Iolao il punto di incontro tra Sardegna, Sicilia e mondo greco. Ma Diodoro, in parte in contraddizione col mito di Iolao o, almeno, in sovrapposizione, attribuisce la civilizzazione della Sardegna a unaltra figura eroica dei Greci, facendo ricorso al mito di Aristeo.
Diversamente da una tradizione pervenutaci in Callimaco, il quale riteneva Aristeo di origine africana , Diodoro attenua questaspetto, narrando che egli era figlio di Apollo e Cirene.
Il dio, innamorato della fanciulla, figlia di Ipseo, figlio di Peneo, laveva trasferita dal Pelio in Libye, dove in suo onore aveva fatto costruire una citt, che aveva preso il nome della fanciulla, da cui, appunto, era stato generato Aristeo, chiamato pure Nomio e Agreo. Nel suo peregrinare il figlio di Apollo era andato anche in Sardegna, dove si era stabilito, perch innamorato della bellezza dellisola.
Laveva fornita di piante e, avendola trovata ancora allo stato selvatico, laveva civilizzata. Ivi aveva generato due figli, Charmo e Callicarpo , ossia la salute e la ricchezza di frutti, che nellantichit caratterizzavano lisola.
Rispetto al racconto su Iolao, quello su Aristeo risulta molto pi succinto. Diodoro, inoltre, non dice se bisogna porre prima larrivo di Iolao o quello di Aristeo, ma in una narrazione mitica le coordinate temporali hanno poca importanza. Un punto accomuna, comunque, i due racconti: la presenza di Apollo. Nella narrazione su Iolao, la prima spinta alla colonizzazione della Sardegna data a Eracle da Apollo, in quella su Aristeo, figlio del dio, la connessione con la divinit risulta ancora pi stretta.
Non poteva essere altrimenti, dal momento che, nel mondo greco, il dio preposto alla colonizzazione sempre il figlio di Latona. In tal modo, ancora una volta, non esiste differenza in Diodoro, o nella sua fonte, tra colonizzazione mitica e colonizzazione storica: il mito storia.
Del resto, il linguaggio usato dallo storico nelle due narrazioni trova evidenti parallelismi. Tutto ci induce a ritenere che lo storico siceliota abbia utilizzato nei due passi la stessa fonte. Sia nel caso di Iolao che in quello di Aristeo i viaggi in Sicilia risultano posteriori al soggiorno in Sardegna.
Nonostante il suo campanilismo, almeno per quanto riguarda Aristeo, Diodoro prefigurava lellenizzazione della Sardegna anteriore a quella della Sicilia. Le due isole, comunque, erano unite da comuni civilizzatori. Il quinto libro della Biblioteca storica dedicato alla descrizione delle isole del Mediterraneo, perci Diodoro, nel capitolo , parla nuovamente della Sardegna, riprendendo nella sostanza i temi e la narrazione dei capitoli - del libro precedente, sicch si ritenuto che lo storico abbia utilizzato nei due passi la stessa fonte, ossia Timeo.
Ma contro questa ipotesi emergono almeno due considerazioni. Anzitutto, nel capitolo del quinto libro non si fa menzione dellepisodio di Aristeo, che pure avrebbe avuto, nel quarto libro, la stessa fonte della narrazione relativa a Iolao. Inoltre, proprio nel proemio del quinto libro Diodoro svolge unaspra critica a Timeo, preferendogli il metodo storiografico di Eforo.
Evidentemente, in questo libro, lautore, fonte principale dellagiriense, deve essere individuato nello storico cumano. Infatti, tra i capitoli - del quarto libro e il capitolo del successivo si notano alcune divergenze. Anzitutto, nel quinto libro Diodoro introduce il discorso sulla denominazione degli Iolei con un nomzousin. Mentre prima lo storico si era abbandonato alla narrazione dellimpresa di Iolao in Sardegna, qui sembra prendere le distanze.
Nel quarto libro, inoltre, viene messo ben in rilievo lintervento di De. Sicilia e Italia meridionale, Palermo , pp. XIII ss. Nel libro successivo il nostro storico non vi fa, stranamente, alcun accenno.
Nonostante precedentemente Diodoro avesse fatto menzione della costruzione di ginnasi e tribunali, non aveva parlato di fondazioni di citt pleiv , ma soltanto della fondazione di una apoika. Anche il rapporto con i Cartaginesi e i Romani invasori viene presentato in maniera diversa. Per, mentre Diodoro nella prima parte del capitolo del quinto libro aveva parlato di fondazioni di citt Ilaov Il nostro autore riparla dunque di una sola colonia. Imbarbaritasi IV, , : oi mn gr lao La presenza dei barbari, infatti, viene sottolineata dallo storico sia nel quarto, sia nel quinto libro , cos come in ambedue mette laccento sul fatto che n i Cartaginesi n i Romani riuscirono a sottometterli.
Ma nel quarto libro la notizia viene data in maniera succinta, accomunando nello stesso tentativo Cartaginesi e Romani; nel quinto il nostro autore si dilunga nel sottolineare la capacit di difesa di queste popolazioni contro i tentativi cartaginesi e romani, distinguendo gli uni dagli altri.
Tuttavia, nel quinto libro sembra essere assente quellodio anticartaginese ascrivibile soprattutto a Timeo. In particolare, appare veramente strano che nel quinto libro venga a mancare lequiparazione di Iolao col Sardus pater, presente, invece, nel libro precedente. Un tentativo di spiegazione pu trovarsi nella supposizione che, nella descrizione dei viaggi di Eracle, Diodoro seguisse una sola fonte, quasi certamente Timeo.
Nel libro successivo, nel cui proemio presente uninvettiva antitimaica , lagiriense ha utilizzato Eforo, ma non ha tralasciato Timeo. Ci nonostante, lo storico ha rielaborato in maniera autonoma le informazioni delle sue fonti. In tal modo, lanalisi dei passi relativi alla Sardegna diventa un esempio del metodo storiografico di Diodoro.
Talvolta, come nel quarto libro, la sua narrazione segue una fonte unica, altre volte, invece, pur seguendo una fonte principale, non disdegna di utilizzarne contemporaneamente pi di una.
Ma si presenta una differenza fondamentale fra la tradizione accolta nel quarto libro, che, per comodit, potremmo definire timaica, e quella del quinto,. Cookies are used to provide, analyse and improve our services; provide chat tools; and show you relevant content on advertising.
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